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LES ENFANTS

PROBLEMATIQUES IDENTIFIEES DANS TOUTE L'AFRIQUE SUB-SAHARIENNE

Le problème central identifié par VEAC est celui de la sureté ou de la sécurité des enfants albinos des zones très enclavées de plusieurs pays africains (Tanzanie, Mali, Cameroun, Burundi, etc...). Partant en effet des constats sus-évoqués, le péril encouru par ces enfants est multiforme. Il s’agit tout d’abord des prédispositions naturelles de ces personnes dues à leur albinisme. Cet état les met en situation favorable pour contracter des maladies de la vue et de la peau. L’enclavement constitue un problème pour acquérir des produits nécessaires. A cet état s’ajoutent les préjugés de la société, et l’ignorance des populations induisant la méconnaissance des droits de ces personnes et par conséquent, leur violation. Les problématiques identifiées sont donc les suivantes :
· Problème de santé : les albinos, compte tenu de leur nature, sont particulièrement exposés aux problèmes de vue et de peau. S’agissant de la vue, ils sont souvent contraints à porter des lunettes. Pour ce qui est de la peau, les rayons solaires n’ont pas que d’effets positifs sur eux ; aussi sont-ils particulièrement exposés au cancer de la peau.
· Problème d’intégration et d’acceptation sociale : souvent rejetés, victimes de discriminations et autres tabous, les albinos ont du mal à s’insérer socialement.
· Problème de méconnaissance et de non respect des droits (vie, formation, éducation) : les droits des enfants albinos des zones très enclavées de ces différents pays sont très souvent foulés aux pieds. C’est ainsi qu’à défaut d’être supprimés, ils sont simplement privés de formations et d’éducation

Les enfants albinos des zones très enclavées "en risque"

connaissent des conditions d'existence risquant de compromettre leur éducation (pour 95% d'entre eux), leur santé physique et psychologique (84%), leur sécurité (50%), leur moralité (65%) ou leur entretien (90%), sans pour autant être maltraités.
Le nombre d'enfants albinos des zones très enclavées "en risque" augmente au Cameroun en 2000, comme chaque année avec 1 000 enfants supplémentaires identifiés comme tels, portant le chiffre à 70 000 cas. VEAC souligne également que la précarité économique concerne 85% des enfants signalés. Le facteur le plus fréquemment cité (95% des enfants signalés) est celui des "carences éducatives des parents", suivi des conflits de couples et les séparations qui se situent au second rang des problématiques repérées (53% des enfants signalés).

LES ENFANTS ALBINOS EN DANGER AU CAMEROUN



Les enfants albinos des zones très enclavées maltraités

sont victimes de violences physiques, d'abus sexuels, de violences psychologiques, de négligences lourdes, ayant des conséquences graves sur leur développement physique et psychologique.
VEAC estime à 10.000 le nombre d'enfants albinos des zones très enclavées "maltraités" en 2007, avec 46% de négligences lourdes, 32% de violences sexuelles, 38% de violences psychologiques. Les écarts entre les différents types de maltraitance se sont resserrés mais les violences physiques occupent toujours la 1re place (63% des cas signalés).


contexte local

L’albinisme est une anomalie congénitale et héréditaire due au défaut d’un pigment, la mélanine, et caractérisée par une peau très blanche, des cheveux blancs ou blond paille, un iris rosé. Son incidence mondiale est de 1 cas pour 20 000 naissances (0.005%). En Afrique subsaharienne, ce phénomène a longtemps été un tabou et continue de l’être dans certaines communautés. En effet, beaucoup d’enfants albinos sont encore tués à la naissance parce que mal acceptés par la société ou leurs parents qui les taxent de sorciers (cas dans certainnes régions d'afrique)) ou de porte malheur. Quand bien même ces derniers parviennent à survivre à cet effroyable sort, ils doivent éviter de multiples pièges pouvant tout autant les conduire à la mort. Parce que très prisés par les marabouts et autres féticheurs, les albinos deviennent des proies involontaires de la course à la fortune, au pouvoir et Dieu seul sait encore (chasse aux albinos en Tanzanie). C’est ainsi qu’on vous réclamera des cheveux ou ongles d’albinos, ou alors d’avoir des relations sexuelles avec une personne atteinte d’albinisme d’où de multiples dérapages (viols, violences, assassinat…). Les discriminations, tant sur le plan social que sur celui professionnel sont leur lot quotidien.
Situé en plein cœur de l’Afrique, le Cameroun est un pays à fortes diversités et les albinos font partie d’une des nombreuses. Le pays accuse un retard significatif en matière d’encadrement et de protection des intérêts de la minorité sus-évoquée. Compte tenu de la santé délicate de ces personnes (vue et peau), elles se retrouvent souvent engagées dans des dépenses médicales colossales et difficiles à supporter par les petites bourses. En plus de ce délaissement politique, les enfants albinos des zones très enclavées du Cameroun sont en proie au rejet, à l’analphabétisme, aux violences physiques et morales, aux abus sexuels… Face à cet état des choses, des associations de défense des intérêts des albinos ont commencé à militer. Le Village Enfants Albinos du Cameroun (VEAC)qui a pour mission de protéger l’enfant albinos en danger au Cameroun, mène une expérience qui consiste à placer ses protégés dans des familles d’accueil où ils doivent bénéficier d’affection et être encadrés en contre partie d’une subvention versée à chaque ménage adhérent. Cette méthode est onéreuse pour l’association VEAC et plutôt, douloureuse pour certains frères qui se trouvent séparés. Afin de pallier à ces obstacles, VEAC a pensé à regrouper toutes les populations cibles de son projet au sein d’un centre d’accueil, sorte de cellule familiale stable où tous les enfants albinos en péril pourront trouver affection, réconfort, éducation, formation…utiles à leur plein épanouissement.